L’atelier, c’est s’atteler. S’engager.

Ce lieu sacré, intime où tout est à sa place, dans un grand désordre. Tout attend son tour pour être assemblé.

De la moindre des choses, de la moindre des traces,

faire comme l’escargot, laisser sa trace.

Tous ces presque rien,

ces objets finis, abandonnés,

ces bois fatigués, usés, brulés,

ces ferrailles rouillées qui ont souvent servis à l’homme, souvent paysan,

toutes ces forces du passé, reliées par les fils de l’araignée, vont dans mon atelier se réveiller, se révéler et retrouver leur lumière primitive.

C’est à l’atelier que la mémoire se met en place. Grâce à la lumière du verre, à l’éclat, à la cassure, à la nervure, à la moindre pépite de verre, ces coups de cœur ramassés au gré de mes voyages se remettent à vivre dans la paix et la joie du plaisir retrouvé.

Ma Terre aimée, Maternité.

C’est à l’atelier, ma grotte que je retrouve tout ce monde, mon univers, et c’est avec tout cela que je peux m’ouvrir à la découverte d’un nouveau monde.

Dans tout ce brouhaha, trouver ma liberté, le silence, et l’œuvre épurée.

La conscience de la force et de la fragilité, de la germination, du noir à la lumière, de la matière à la main, de l’origine à cet instant, offrir ce présent à nos enfants.

Bernard Froment, le 15 avril 2015