Nous voilà   ici,   déjà,   maintenant,   à cet instant,   dans cet état de fait,
dans un état d’évidence qui fait que nous sommes encore debout et en marche.
Ces êtres sont les derniers nés d’un espace libéré.
De ces têtes échappées du feu, le meilleur de l’arbre reste une pensée.
De ce cou de verre, encore une fragilité et une colonne entre pensée et matérialité.
Ces êtres sont habillés de sacs de blé, de maïs, de sacs de vie au service de nos vies. Comme pour nos vies, remplir, vider, user, et avec joie ils sont renversés et éclairés par la lumière. Cette lumière intérieure qui est donnée à tout être vivant. Ces sacs ouverts, déchirés entre cœur et bas du ventre, juste à l’endroit précis d’où jaillit la force. Elle est protégée, filtrée par une assiette de verre, un ustensile qui leur sert à manger. Prendre et être dans la conscience de notre Nourriture, essentielle à notre Vie. Nous ressemblons à ce que nous mangeons.
Pour finir ces êtres sont sur un socle qui les relie à la terre et au travail des hommes : un disque, un outil agricole comme racine.
Leur habit a aussi quelques taches de miroir ; sans être narcissique il est le lien, la correspondance comme un phare au bout de la jetée.
Ces êtres, mes êtres ont tout reçu, tout vécu ; ils avancent seulement dans la conscience de l’essentiel, dans une sérénité, une austérité et une profonde relation avec cette lumière intérieure qui est leur seule notion de guérison. Ils sont sortis de cette pauvre dualité : plus d’influence, au-delà de la peur, au-delà de la cassure. Juste une intense intériorité, personnalité qui les pousse à être reliés surement aux autres et à autre chose.
Ce sont des Dioms, mi Dieu, mi Homme. Simplement des êtres d’exception et de grande sagesse.
Ils sont dans la connaissance. Tout est en eux et c’est parce qu’ils sont Eux qu’ils peuvent être avec les autres. Ils sont dans la Transmission.
La pauvreté est le refuge en l’Autre ou l’accusation de l’Autre.
Eux sont Lumineusement Heureux.
Ensemble dans le champ, dans le vent sonore,
Tout près de l’Arbre aux oiseaux dorés,
Ils sont en Paix.

Bernard Froment, le 25 février 2010