La sculpture est, pour moi, la matérialisation des sentiments.

Elle est et va à l’essentiel.
Elle ne joue pas, elle ne triche pas, elle est la conscience même de la beauté.
Pour et avec mon métier d’agrisculpteur, elle est selon moi le meilleur moyen d’exprimer la douloureuse reconnaissance du monde paysan.

L’humanité n’est rien si elle ne reconnaît pas sa mère.
Celle qui l’a fait naître et qui la nourrit : la Terre.

L’homme, cette fragile et légère graine n’est rien sans la nourriture qui le maintient en vie.

Respect, reconnaissance et transmission.
Sillon après sillon, unissons-nous pour écouter la chanson de la troisième dimension.

Au-delà de la sculpture, c’est de l’art dont j’ai envie de parler, celui qui élève et non celui qui rapporte ; celui qui germe, pas celui qui est récolté.

Dans le silence, dans la transparence du temps qui fait, du temps qui est, être toujours prêt à l’éternel instant de paix et semer en pleine liberté pour récolter la larme fraternité.


Bernard FROMENT, novembre 2008